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Bordeaux, quel avenir urbain ?

 

Vision pour l'avenir en des temps incertains, l'ambition est là : faire de Bordeaux une métropole européenne. Evidemment, cette ambition est en elle-même contestable et certains se désoleront de ce que l'on ne sait se contenter de Bordeaux, aimable ville moyenne de Province. Pourtant, cette ambition est salutaire, alors que d'autres villes connaissent un fort taux de développement. L'histoire récente de Bordeaux nous le montre, une ville qui n'avance pas est une ville qui se meurt. Remplie de certitudes quant à ses acquis et à son avenir, Bordeaux a longtemps fait figure de belle endormie, voire d'endormie tout court. Le Port de Bordeaux n'est plus que le fantome de son glorieux passé, Toulouse s'envole, Montpellier se présente comme la surdouée. Se satisfaire de notre position actuelle, c'est oeuvrer pour notre retard demain. Or l'élément moteur des plus grandes avancées pour l'aménagement du territoire, c'est bien la place qu'occupent nos villes dans la conscience collective, place méritée ou usurpée. Le quelque peu lointain rayonnement de Bordeaux valent à notre cité beaucoup d'égards comparé à des villes bien plus conséquentes aujourd'hui. La perspective de la ligne à grande vitesse en 2016 le révèle bien alors que cette perspective semble plus lointaine pour Toulouse et Nice, respectivement 4è et 5è aires urbaines françaises. Ce rayonnement tend à s'estomper, et Bordeaux existe de moins en moins par elle-même. Bordeaux cherche à s'identifier à Bilbao ou même à Toulouse. Le projet urbain de 1995 a permis d'assainir les bases pour le développement de Bordeaux. Il est urgent aujourd'hui d'assurer le développement de Bordeaux sur ces bases : son développement démographique, son développement économique et son développement "humain".

Le projet urbain pour 2030 répond à cette ambition, manifestement. Toutefois, à ce stade, ne peuvent être esquissées que les grandes idées. Des projets sont déjà en cours et font déjà l'actualité urbanistique de la métropole : les Berges de Lac, la ZAC Niel, Euratlantique. Bordeaux a l'avantage de bénéficier de nombreux secteurs à urbaniser. Il s'agit là d'un atout essentiel car les grosses opérations d'urbanisme sont autant de coups de projecteur potentiels sur la ville. Le projet urbain pour 2030 en atteste : ce n'est pas dans des espaces remplis que l'on développe la ville et ce n'est pas un hasard si Saint-Michel ou Caudéran ne sont pas directement concernés par ces opérations de grande ampleur. Une des lignes directrices essentielles du projet urbain devra donc être de ménager de vastes secteurs afin de garantir le développement des générations futures. Penser au-delà de 2030 peut paraître étrange mais le temps de la ville n'est pas le temps de ses édiles ou de ses habitants et c'est l'enjeu même du développement durable. De ce point de vue, le projet urbain, par son imprécision, peut n'être pas satisfaisant. La plupart des secteurs "vides" sont cernés d'un cercle blanc délimitant un secteur d'avenir. Le tout pour n'accueillir "que" 30000 habitants, ce qui est peu rapporté à la surface concernée. A cela deux interprétations sont possibles : soit la densité du bâti sera très faible et sera étalé sur toute les emprises répertoriées, soit la densité sera grande et ne seront donc concernés que de petits espaces de ces vastes cercles dessinés. Aujourd'hui, rien ne permet de trancher entre ces deux interprétations. "Remplir" tout l'espace de ces cercles serait égoïste et à contre-temps : la densité des surfaces bâties est de plus en plus mise en avant dans la perspective d'un développement durable et par ailleurs, ne pas garantir une densité suffisante pourrait empêcher les générations futures d'envisager des projets urbains de la taille de celui pour 2030. La densité des surfaces bâties (à distinguer de la densité classique qui mêle des zones bâties et des zones vides) doit donc être l'axe majeur de ce projet urbain pour 2030. Mais la densité peut s'exprimer de différentes façons selon les emprises traitées et pas nécessairement par l'édification de tours. Un seul interdit, le développement de quartier à l'image de Nansouty. Il serait donc temps de prévoir des seuils minimum de densité et pour ces futures zones du R+6 pourrait sembler être ce minimum (en faisant quelques exceptions pour des maisons de villes pour l'attractivité du projet).

 

 


 

 

 
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